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Bonheur au Travail : utopie bisounours ou vecteur de développement ?

Publié le 10 Décembre 2015

Entretien avec Jean-Paul Erhard, co-fondateur des Happy Organisations.

Le Bonheur au Travail est-il un sujet d’intérêt public majeur ?

Oui, la preuve est qu’en juin 2012 l'ONU a décrété le 20mars Journée Internationale du Bonheur. Suite à cela, nous avons organisé le premier "BE Happiness Day" à Bruxelles, le 20mars 2013, réunissant des chefs d’entreprise, des dirigeants et des DRH intéressés par le concept ou déjà engagés dans une démarche de recherche de Bonheur au Travail. Après cet événement, nous avons ressenti une telle énergie et une telle demande que nous avons instauré des Happy Lunch, comme celui qui vient de se tenir à Lille le 10décembre, et pour la première fois en France. Notre objectif ? Convaincre les entreprises que le Bonheur au Travail est source de performance et peut être aussi un vecteur de développement.

 

Constatez-vous une prise de conscience de la part des dirigeants ?

De nombreux dirigeants, constatant que parmi leurs collaborateurs nombreux sont ceux qui sont en décrochage mental, physique voire émotionnel, ont la conviction que ça vaut la peine d’investir. Mais attention, décider d’être heureux reste une démarche personnelle, que chacun doit mener. L’entreprise peut, à son niveau, éliminer ce que nous appelons les « irritants », ces éléments qui empêchent d’atteindre le Bonheur au Travail. Les dirigeants et managers sont en quête d’une approche différente de leur management, que nous essayons de leur insuffler. Ainsi, nous préférons parler avec eux d’inspiration plutôt que de motivation de leurs collaborateurs.

 

Comment réconcilier bonheur et performance ?

Les dirigeants doivent donner du cœur et des idées. Au final, il s’agit de réconcilier le bien-être des individus et des équipes avec la performance de l’entreprise. L’un ne va pas sans l’autre, ils sont indissociables. Aujourd’hui, des indicateurs fiables (augmentation de la créativité, diminution de l’absentéisme et du turn-over) nous apportent une preuve tangible : les entreprises qui ont investi dans le bien-être font de la croissance durable. Loin d’être une utopie bisounours, le Bonheur au Travail est un vecteur de développement.

 

Quels sont les leviers identifiés pour y parvenir ?

Nous avons identifié 4leviers principaux : l’autonomie (avoir et donner la possibilité d’être créatif) ; la contribution (les gens viennent pour participer à quelque chose sinon ils ne viennent pas) ; le bien-être (l’intégrité physique et mentale, les conditions de travail ainsi que les conditions de rémunération) ; enfin, la connexion. Les salariés viennent pour être ensemble, pour vivre ensemble, pour travailler ensemble. Dans une entreprise, on ne fait rien tout seul. D’ailleurs, la première raison qui pousse une personne à rester dans une entreprise (et aussi celle qui l’incite à la quitter), c’est la qualité de la relation qu’elle a nouée avec son boss et avec ses collègues.

 

En bref…

Une journée mondiale du Bonheur au Travail à Lille en mars 2016 ?

Le 10décembre dernier, le premier Happy Lunch français a réuni à Lille une soixantaine de dirigeants de la région, à l’initiative de la constellation Mobilis Productions, l’agence lilloise de communication événementielle et de production de contenus audiovisuels. « Le bonheur au travail, on en parle, on le vit parfois dans nos entreprises, ou on aimerait le vivre davantage, qu’il soit quotidien et durable dans le temps. La Constellation Mobilis Productions accompagne depuis toujours les entreprises vers une communication partagée, plaçant l’humain au cœur de tout projet. Nous échangeons depuis longtemps avec elles sur la question du bonheur au travail. C’est pour cette raison que nous avions eu l’envie d’en débattre lors d’un Happy Lunch, autour de Laurence Vanhée et Jean-Paul Erhard, fondateurs belges des Happy Organisations », explique Isabelle Dubar, directeur associé de la Constellation Mobilis Productions. Un préambule à la journée mondiale du Bonheur au Travail qui pourrait voir le jour en mars prochain à Lille…

Pour en savoir plus : www.happyorganisations.fr

 

Classement Great place to work : la galaxie Mulliez en tête

Les entreprises de la galaxie Mulliez se distinguent dans le classement annuel 2015 de l'institut spécialiste du bien-être au travail Great place to work. Décathlon, Electro Dépôt, Kiabi et Leroy Merlin figurent respectivement à la 4e, 7e, 8e et 13e position du classement. L'enseigne de sport progresse même de 8 places grâce notamment au travail réalisé pour renforcer ses valeurs. « Ces entreprises de l'Association familiale des Mulliez ne subissent pas la pression du cours de Bourse. Elles ont des pratiques remarquables notamment pour la promotion interne, la formation et la redistribution des profits », analyse Patrick Dumoulin, le directeur général de Great place to work. Deux jeunes sociétés 100% françaises, spécialisées dans le conseil et créées il y a 10ans, Accuracy et Davidson Consulting, figurent en tête des entreprises où il fait bon travailler en France, tous secteurs confondus.

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