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Dans l’informatique, il n’y a pas que des geeks !

Publié le 20 Novembre 2015

Des entrepreneurs qui se plaignent de ne pas pouvoir embaucher, c'est un comble. Surtout avec 3,5 millions de chômeurs en France. Ces employeurs qui ne trouvent pas de main-d'œuvre, c'est dans l'informatique qu'on les trouve. Ou comment changer l’image d’un secteur en manque d’attractivité…

Pour attirer de nouveaux salariés, Bertrand Tierny, délégué régionale du Syntec numérique, l’affirme : « Un gros travail d’information et de pédagogie doit être mené dès l’enfance et au moment de l’orientation professionnelle ». Encore trop d’étudiants méconnaissent certains métiers du secteur, à commencer par les femmes. D’après le Syntec Numérique, ces dernières ne représentent que 28% des salariés dans ces métiers (fonctions administratives comprises) alors qu’elles constituent 48% de la population active. En réalité, elles ne sont que 18% dans les métiers purement techniques (développeurs, intégrateurs). Or, le secteur offre des rémunérations attractives et de belles carrières. « C’est culturel, mais ça bouge. Une femme qui rejoint notre métier apportera un autre regard. D’autant qu’aujourd’hui, l’informatique est partout dans l’entreprise et dans tous les secteurs d’activités, y compris la santé (imagerie médicale, chirurgie) et la mode », argumente Bertrand Tierny. C’est pourquoi les initiatives se multiplient à leur égard : le réseau social Cyberelles, Femmes du Numérique, l’association Girls in Tech, Duchess France, Pascaline…

 

Norsys pratique le management libérateur

Pour faire découvrir les professions du numérique aux habitants de la région, le Syntec mise également sur la formation grâce à la création de partenariats avec Pôle Emploi et des universités de la métropole lilloise (Lille2, la Catho). Le programme Invest in Digital People, destiné à former des personnes de tout âge aux métiers du numérique, mobilise 40entreprises de la région. « Le recrutement, c’est l’affaire d’un collectif. Les entreprises peinent à trouver des collaborateurs or 93% d’entre elles offrent des postes en CDI », lance Bertrand Tierny. Dès lors, comment faire pour attirer et retenir les talents ? Norsys, ESN de la métropole lilloise (420salariés), est reconnue pour sa politique de ressources humaines exemplaire. Engagement dans la diversité, égalité hommes-femmes, accompagnement des salariés dans leurs évolutions, recherche d'équilibre vie pro/vie perso... l'entreprise place le bien-être de ses salariés au cœur de son projet. « Notre turn-over (6% en 2014, 25% chez Cap Gemini) est deux fois moins important qu'ailleurs malgré la pénurie de main-d'œuvre dans notre secteur », se félicite Mathilde Durie, DRH de Norsys, qui recrute entre 60 et 80profils par an avec un critère essentiel : l’envie d’apprendre. Chez Norsys, une Université d’entreprise créée en 2000 dispense des formations par cœur de métier. A raison de 30jours de formations répartis sur 3ans, l’entreprise forme 75% de ses collaborateurs chaque année, toutes fonctions confondues.

 

A savoir

Les métiers du numérique sont accessibles à tous ! Quatorze grandes entreprises du numérique se sont engagées pour l'emploi des personnes handicapées en lançant le portail "Handi-numérique". Premier site Web dédié aux métiers et aux formations du secteur, à destination des personnes handicapées.

www.handi-numerique.com

 

Parole d’expert Laurent Sellem, dirigeant associé du cabinet lillois Studio RH

 
Sur quelles fonctions constatez-vous une pénurie de candidats ?
 Dans le secteur de l’informatique, il convient de distinguer deux secteurs. Dans le secteur « Etudes et développement », nous constatons une pénurie incroyable de profils dans la région, des Bac+5 essentiellement. Le secteur « Infrastructures », au ralenti depuis 4 ou 5 ans, semble quant à lui redémarrer en termes de recrutement. Nous ne sommes donc pas à l’abri d’une pénurie dans les mois à venir, avec une forte demande sur des profils de Techniciens Systèmes et Réseaux, Administrateurs Systèmes et Réseaux et Ingénieurs.
 
Quels conseils donneriez-vous à des jeunes diplômés ?
 Pour les Bac+2/3, les entreprises recherchent des personnes polyvalentes en termes de compétences techniques. Ces compétences peuvent s’acquérir par des missions en intérim ou par des stages, à condition qu’ils soient pertinents. Pour les Bac+5, l’alternance est un atout : les étudiants trouvent un travail immédiatement, souvent dans l’entreprise qui les a accueillis pour leur formation, et avec une rémunération supérieure comparée aux étudiants qui ont suivi un cursus classique avec stage de fin de d’étude. 
 
 
 

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