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Le train-train quotidien des navetteurs du Lille-Paris

Publié le 4 Décembre 2015

Depuis Lille, Arras ou Amiens, ils sont des milliers à rejoindre Paris tous les jours en TGV, certains depuis des années. Leur principale motivation ? Profiter d’un confort de vie plus agréable et d’un bon job à une heure de la capitale.

7h13 - Journaux, livres et smartphones s'étalent sur les tablettes du TGV pour faire passer les 58 minutes que doit durer le trajet entre Lille et Paris. Encore ensommeillés, les « navetteurs », c'est le nom de ceux qui résident en province mais travaillent à Paris, se saluent comme chaque matin - ou presque - de la semaine. Qu’est-ce qu’une heure de TGV dans une rame tout confort quand de nombreux Franciliens comptent la même durée de RER ou bouchons ? « Préférer être propriétaire plutôt que locataire, c’est un choix. Avoir son jardin plutôt qu’un accès à un parc, c’est un choix (…) Faire le taxi pour ses enfants plutôt que les laisser explorer la rue, c’est un choix », estime le géographe Jacques Lévy pour qui le TGV a modifié le système de proximité et d'éloignement. Ainsi, aujourd’hui, on peut être plus proche de Paris quand on habite à Lille, Tours ou Reims qu'en grande banlieue.

 

Un choix de vie assumé

Ce choix, Sylvie Brun, responsable contrôle de gestion d’une branche de la SNCF, l’a fait il y a 11 ans quand l’opportunité professionnelle s’est présentée à elle. A 53 ans, elle prend place chaque jour dans le train de 7h13 au départ de Lille. Direction, ses bureaux situés près de la Gare de Lyon. A 19h46, elle remonte dans le TGV direction Lille. A 21 heures, elle tourne la clé de sa maison à la Madeleine. Fin d’une journée marathon. Des larges amplitudes horaires, des transports parisiens, des retards du train, elle ne se plaint ni ne regrette rien. « Les navetteurs, nous sommes des métronomes. Les retards sont irritants, mais il n’y en pas tant que cela. Le train est une période de transition entre ma vie privée et ma vie professionnelle. Soit je travaille, soit je lis, soit je dors. Je n’ai jamais considéré ce moment comme un temps inutile. J’ai vécu à Paris, je possède un appartement en banlieue parisienne, mais je n’ai jamais envisagé de revenir y vivre. Ma vie est bien plus confortable en province », explique celle qui s’apprête à quitter Lille pour Lyon, à la faveur d’un déménagement professionnel. Dans ses allers retours quotidiens, Sylvie Brun s’est liée d’amitié avec d’autres navetteurs. Yves Labbe, 62 ans, salarié d’un tour operator spécialisé dans le voyage culturel, en fait partie. Natif de Lyon, il vit à Lille depuis 50 ans et travaille à Paris depuis 35 ans. A cette époque, le TGV Nord n’existait pas, il fallait compter 2h20 pour relier les deux villes. « Mon employeur m’avait proposé un logement dans l’entreprise. Je travaillais un jour à la maison et les quatre autres jours à Paris. Le TGV est arrivé en 1993. Je l’ai pris dès le premier jour de sa mise en service », se souvient-il. Sa carrière, il ne pouvait l’envisager qu’à Paris. Mais pas au point de sacrifier sa qualité de vie…

 

A savoir

Le classement « Je travaille », publié début novembre par l’Express, place Lille sur la plus haute marche du podium en termes d’attractivité, devant Dijon et Nancy, pour la région nord-est. Son statut de grande métropole et ses atouts en matière de transport, ferroviaire ou aérien, à une heure de Paris et de Roissy, sont plébiscités .

 

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